Après cinq heures de route depuis Dar Ahlam, le décor bascule. La piste s’efface peu à peu, avalée par l’immensité ocre du désert. Le vent soulève les grains de sable comme une brume dorée. Et soudain, au creux des dunes du lac Iriki, le camp apparaît. Rien que pour nous. Le silence est total, presque sacré.
Le soleil descend lentement, étirant les ombres, embrasant l’horizon. Une silhouette approche. Le thé est servi, dans un geste lent, presque chorégraphié. Le désert respire à son propre rythme. Plus rien ne presse. Puis la nuit tombe, spectaculaire. Le feu crépite, projetant des éclats de lumière sur les visages. Le dîner se savoure dans un calme irréel, enveloppé par la voie lactée.
On s’endort dans une tente ouverte au ciel, bercé par le souffle du vent. Pas d’électricité. Pas de murs. Juste l’univers, immense, palpable.
De mi-mai à mi-septembre, le décor change. Le camp se déplace dans les contreforts de l’Atlas. Nouvelle lumière. Nouveaux parfums. Même magie.
Un moment suspendu. Hors du temps. Hors du monde.